Éclaircir les ténèbres – Nicolas Bouchard

éclaircir les ténèbres1640. Une Province a disparu. Il semble que l’enfer se soit abattu sur la paisible vallée d’Ouraos, territoire enchanté du Jura et berceau de la princesse Sophronia. Les étoiles ont pâli, une brume verdâtre se glisse partout. Les habitants, terrifiés, se cloîtrent chez eux. On y a vu Frigg, une ancienne déesse païenne accompagnée d’une armée de monstres…
Recrutés dans le Paris misérable et grouillant du XVIIe siècle par le cardinal de Richelieu, quatre hommes sont désignés pour lutter contre les puissances des ténèbres : fantassin, mousquetaire, artilleur et lansquenet. Mais le Cardinal leur adjoint un cinquième comparse en la personne du brillant philosophe et ancien mercenaire René Descartes.
Son objectif : soumettre la sorcellerie à la loi de la raison, et au final, éclaircir les ténèbres.

Je remercie les éditions SNAG pour la lecture de ce roman.


Cher lecteur, lectrice,

que diriez-vous d’aborder la philosophie d’un point de vue tout à fait inhabituel ?

Ce point de vue, c’est Nicolas Bouchard qui nous le propose, dans ce premier roman de la collection La Compagnie Descartes qui, comme son nom l’indique, nous emmène vivre des aventures fantastiques en compagnie de René Descartes.

Alors oui, je vous l’avoue, René Descartes n’évoque pas que de bons souvenirs (je me suis moi-même vautrée en philo au bac (coeff 9, ça pardonne pas !)). Pour vous situer un peu le personnage historique, c’est un mathématicien, physicien et philosophe français considéré comme le fondateur de la philosophie moderne, le fameux « Je pense, donc je suis » (et donc souffre douleur de bon nombre de lycéens >_<).

MAIS !!! Dans Éclaircir les ténèbres, vous allez bien vite découvrir que M. Descartes est plutôt fun comme bonhomme !

Je peux même vous dire que je ne me suis pas ennuyée une seule minute ! L’action est menée tambour battant. Les événements s’enchaînent dans une fluidité entraînante. Le style de Nicolas Bouchard est certes quelque fois soutenu (présence d’un glossaire en fin de roman) mais cela ne freine absolument pas la lecture.

Descartes contemplait le spectacle, stupéfait. Il connaissait la guerre. Il avait assisté à de nombreux combats. Mais là, il se trouvait face à une bataille quasi mythologique : lapithes contre centaures, dieux de l’Olympe contre les titans …

Dans ce premier tome, René Descartes n’est pas à proprement parlé le personnage principal. La « compagnie » s’organise autour d’un jeune lieutenant du cardinal de Richelieu (ça vous parle aussi non ?), Hugues d’Ouraos, chargé de rassembler la compagnie et de mener à bien la mission.

J’avais un peu peur d’être perdue entre les différents personnages de la compagnie mais en fait pas du tout. Chaque membre est introduit dans l’histoire d’une manière bien marquante et chacun possède un physique et un caractère bien singulier, bref, ils sont impossibles à confondre ! J’ai beaucoup apprécié l’esprit d’équipe qui se met naturellement en place, ils se complètent, s’équilibrent et leurs taquineries m’ont bien fait rire.

Quant à l’intrigue, j’ai été complètement happée par les événements. J’ai adoré le mélange de magie, de religion et de culture. Nous avons vraiment un univers très marqué, fantastique à souhait et pourtant bien ancré dans la réalité de l’époque. On sent une réelle recherche de l’auteur sur la situation historique de son intrigue, j’avoue d’ailleurs avoir été quelque fois perdus entre tous ces conflits, mais cela apporte un vrai cachet à l’intrigue.

Nous avons des événements fantastiques mêlant avec beaucoup de subtilité des questions de religion et donc de croyance. Certains passages sont assez effrayants, j’ai eu la chaire de poule à plusieurs reprises … J’ai aimé la manière dont les manifestations fantastiques amènent nos personnages à se questionner sur leurs convictions.

Descartes soutint son regard :

– En vérité, Monseigneur, nous avons chacun à supporter les fautes que nous avons commises. Nous vivons une période bien sombre et même le plus vertueux des hommes peut avoir à tuer, ou ne pas pouvoir s’opposer à une tuerie. Le remords est la chose la mieux partagée du monde, mais la philosophie peut vous aider.

La fin m’a laissé un goût doux-amer mais il est vrai que j’aime beaucoup ce genre de fin (peut-être tout autant que les happy ending). J’aime lorsqu’on se dit que oui, s’est terminé, mais qu’on garde en tête les sacrifices que l’on a fait. J’aime ce genre d’émotion, ce soulagement teinté d’une certaine tristesse.

J’ai vraiment hâte de retrouver cette compagnie dans de nouvelles aventures. Je vous conseille très vivement ce roman de part la qualité de son intrigue, le pan historique recherché et le style très appréciable de Nicolas Bouchard.

Enjoy

 

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7 commentaires sur « Éclaircir les ténèbres – Nicolas Bouchard »

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