Qui a peur de la mort – Nnedi Okorafor

Afrique, après l’apocalypse. Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre.
Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi. Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable.
Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception. Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.


Décembre 2020. Là où d’autre était plongé dans les traditionnelles romances de Noël, j’avais le nez dans cette petite brique post-apocalyptique, histoire de bien coller avec l’ambiance ! J’en conviens, je n’ai peut-être pas choisi la période la plus adéquate pour cette lecture.

Qui a peur de la mort est un roman qui m’intéressait de part son univers atypique. Je lis peu de roman SF post-apo mais celui-ci m’avait très fortement intrigué. En effet, peu de roman place leur intrigue en Afrique subsaharienne et de ce fait, c’est une culture que je connais assez mal.

Malheureusement, je ne saurai toujours pas vous dire, au moment où j’écris ces lignes, si j’ai aimé ce roman. Ce récit initiatique complet de la vie de notre héroïne, est jonché d’épreuve et de leçon de vie, ce n’est pourtant pas ce qui m’a aidé à m’y attacher. Je suis restée assez extérieure à ses expériences. En revanche, les sujets de fond m’ont profondément marqué. J’avais envie de crier mon indignation contre la condition féminine, contre ce patriarcat omniprésent qui décide de tout et relègue les femmes au rang de meuble.

Je ne conseille pas ce roman aux âmes sensibles. Les sujets les plus délicats sont abordés dès le début du roman et cela sans fard ni omission. Le malaise est profond, d’autant plus profond lorsque l’on sait que la réalité est encore plus tragique. Je vous parle ici de massacre ethnique, du viol comme arme de guerre et d’excision.

La magie est présente tout au long du roman mais pas dans le sens « enchanteur » du terme. Il est question de magie ancestrale, d’esprit et de rite de passage. Bref, rien de bien léger non plus.

J’ai trouvé quelques longueurs au récit. Des personnages secondaires dont je n’ai pas saisi l’apport à l’intrigue principale. Des histoires de cœur et de sexe que j’ai parfois trouvé inutiles, triviales.

Notre héroïne est un personnage complexe. Le bien et le mal se font constamment face dans son esprit. Elle est sujette à l’emportement, aux colères, ce qui la rend particulièrement réaliste et humaine. Un personnage gris, torturé et intéressant. Je ne peux pas enlever le travail fouillé de l’autrice sur cet aspect.

Je vous conseille ce roman si vous êtes à la recherche d’un récit fort, engagé, parfois dérangeant. Je vous le déconseille en revanche si vous êtes à la recherche de quelque chose de léger. Je ne pense pas avoir choisi la bonne période pour lire cette œuvre. Même si ma lecture reste mitigée, je ne puis totalement le déconseiller. Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire, je suis preneuse de toute interprétation que j’aurai manqué.

7 commentaires sur « Qui a peur de la mort – Nnedi Okorafor »

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